Canal Mussolini de Antonio Pennachi

Une comédie à l'italienne comme on les aime avec dans le premier rôle : les Perruzzi, une tribu de 17 frères et sœurs, qui feront tout pour se protéger et éviter l'éclatement de la famille.

 

La première chose qui frappe à la lecture de "Canal Mussolini" est le parti pris de Antonio Pennachi de créer une complicité avec le lecteur en adoptant un ton amusant et vif. Comme si nous étions ses confidents.

 

Début du 20ème siècle dans le Nord de l'Italie. Les paysans sont les damnés de la terre à la merci des propriétaires terriens, représentants d'une noblesse en voix d'extinction.

 

« Nu comme des vers. Une main devant et une derrière, voilà à quoi ils nous avaient réduits. A l'état de crève-la-faim. »

 

30 000 familles, dont les Perruzzi qui délaissent leurs idées marxistes pour le fascisme, quittent leur village pour participer à la construction du canal Mussolini avec, à la clé, la promesse d'obtenir une bout de terre. Eh oui, l'ex socialiste Mussolini savait parler aux gens de peu !

 

Cet exode massif les conduit dans la région marécageuse de l'Agro Pontin. L'assèchement des marais, la construction du canal et de villes nouvelles, un fait historique raconté comme une épopée avec force de détails savoureux. Un régal pour le lecteur.

 

Politiquement incorrect par bien des aspects, "Canal Mussolini" raconte les petites gens avec sincérité, tendresse et une pointe de dérision qui éloignent les velléités de polémique. Total respect ! 

 

 

Le journal d'un corps de Daniel Pennac

Comme le titre l'indique, l'auteur de ce journal consigne scrupuleusement l'intimité de son existence à travers son corps.

 

A l'âge de presque 13 ans, le narrateur ressent une intense frayeur créée de toutes pièces par son imagination débordante qui se solde par des larmes, de la morve et une diarrhée fatalement intempestive.

 

Le lendemain, l'enfant écrit les premières lignes de ce qui deviendra son projet de vie : "Je n'aurai plus peur, je n'aurai plus peur, je n'aurai plus peur, je n'aurai plus peur."Dès lors, il n'aura de cesse de traquer les tréfonds de son corps.

 

Et d'éprouver les limites de ce corps chétif et maladroit pour le transformer en une sorte d'arme à force de tractions, flexions et autres exercices de musculation. D'exprimer son amour pour son père, cet homme qui chuchotait à son oreille, et Violette, substitut tout en senteurs et douceurs d'une mère qu'il rejette de tout son être.

 

La vie d'un homme bien ordinaire, entre ses conquêtes amoureuses et ses défaillances, qui tentera de maîtriser son corps jusqu'à son ultime souffle.

 

Une façon de dévoiler l'intime tout simplement réussie !

 

 

 

Les Traîtres de Giancarlo De Cataldo

L'auteur de "Romanzo criminale" nous offre un nouveau monument de l'histoire tourmentée et rebelle de l'Italie.

 

1844-1870 : la guerre ravage la future Italie. Patriotes, Français, empire austro-hongrois, truands et idéalistes, tous complotent pour se partager une part du gâteau. Garibaldi, Mazzini, Napoléon III et Emmanuel II croisent les personnages inventés par l'auteur.

 

De Palerme à Londres, de Rome à Turin, de Venise à la Transylvanie, des geôles anglaises aux maquis de Calabre, entre artistes déchus et mafieux promus policiers, parmi des trafiquants de chaire humaine et des lords aux moeurs sadiennes, des femmes et des hommes rêvent, combattent et s'aiment.

 

Et ils trahissent, chacun avançant vers sa propre destinée. Quelques femmes visionnaires se tournent résolument vers l'idéal socialiste délaissant le nationalisme pendant que des organisations criminelles gangrènent déjà la nation italienne naissante et que le républicain Mazzini tisse sa toile de sang et d'utopie.

 

Entre batailles et conspirations, entre vies légères et amours compliquées, s'imagine le désir d'un avenir meilleur porté par la jeunesse et l'innocence.

 

Un souffle épique qui nous en apprend de bien belles sur l'histoire de l'Italie. Grandissimo !

 

 

 

Fan man de William Kotzwinkle

William Kotzwinkle est l'un des écrivains américains les plus réjouissants. Créateur de "E.T", il est l'auteur d'une quarantaine de livres dans tous les genres littéraires avec un goût prononcé pour des personnages foutraques et burlesques.

 

"Fan Man", livre culte, inédit en France, est enfin publié par les éditions Cambourakis. Bravo à Nicolas Richard pour la traduction !

 

Bienvenue dans le New-York des années seventies et dans la joyeusement délirante existence de Horse Badorties.

 

Horse Badorties va et vient entre le Lower East Side où il crèche dans une turne emplie d'ordures, Chinatown, le Bronx et Brooklyn, trimbalant un énorme parapluie et un ventilateur à main.

 

C'est un pur délice de suivre ce looser magnifique dans ses tribulations, ses soliloques incessants et son désir d'organiser un concert avec la Chorale de l'Amour composée exclusivement de jeunes filles.

 

"Fan Man" est un hommage jubilatoire à la Beat generation. Une drôlerie à mettre entre toutes les mains. Eclats de rire assurés !

 

 

Des hommes ordinaires de Kjartan Flogstad

Né en 1944 en Norvège, Kjartan Fløgstad abandonne ses études universitaires pour se former à l'école de la vie. Il exerce de rudes métiers comme ouvrier ou graisseur sur un cargo. Aventurier à l'image d'un Jack London, il parcourt le monde avec une prédilection pour l'Amérique Latine.

 

Publié aux éditions Stock, La Cosmopolite, et traduit par Céline Romand-Monnier, "Des hommes ordinaires" est la marque d'un écrivain haut de gamme.

 

Allemagne 2008. Otto Nebelung assiste à l'enterrement de son ami Paul Damaskus avec tous les honneurs dus à sa charge de haut magistrat.. Il se remémore l'amitié avec ce compagnon d'armes, ancien dignitaire SS, dont il a été l'assistant dévoué.

 

"Des hommes ordinaires" pose la question lancinante déjà abordée par Jonathan Littell dans"Les Bienveillantes" : comment des jeunes gens bien sous tous rapports ont-il plongé dans la barbarie ? Et toujours la même et lancinante justification : la pureté de leurs attentions.

 

Le lecteur suit la confession qu'accepte de faire Otto Nebelung à un policier qui enquête sur l'ingérence d'anciens nazis dans les sphères du pouvoir norvégien sous couvert de l'OTAN.

 

Tout y passe : les faits d'arme, les exactions, l'après-guerre avec la reconversion d'anciens criminels de guerre aux plus hautes fonctions  pour conjurer "le péril rouge".

 

Avec dextérité et ironie, Kjartan Fløgstad déroule une sale histoire qui place dos à dos le nazisme et le stalinisme, deux idéologies a priori ennemies qui utilisent les mêmes hommes ordinaires dans une guerre glaçante.

 

 

L'abandon de Peter Rock

Le récit fictionnel d'un fait divers publié par les éditions Rue Fromentin, hautement recommandé par James Ellroy et La Traverse.

 

Qui n'a jamais rêvé de planter sa tente, en plein été au coeur de la nature, juste pour se mettre hors jeu quelques heures ?

 

Un parc naturel de l'Oregon abrite des communautés de déshérités. Comme notre bois de Vincennes qui est le refuge des "Sans Rien". Une sauvagerie sociale qui affleure dans la forêt.

 

Deux êtres vivent en marge de ces réfugiés : Caroline, 13 ans, et son père. Ils créent ensemble l'art de se rendre invisibles en multipliant les cachettes dans les arbres et les grottes.

 

L'homme fuit-il un passé de bruit et de fureur guerrière ? Caroline ne se pose aucune quesion. Elle est pleinement consentante et bâtisseuse de cette existence aux côté de son père.

 

La forêt avec ses sous-bois, ses rivières, ses cachettes rassurantes est son élément. Elle est l'enfant de ces lieux qui parle à la nature en tenant bien serré Randy, un petit cheval en plastique qui ne la quitte jamais. Son père lui enseigne Thoreau, Rousseau. Ensemble, ils jouent aux échecs. Paix et quiétude. Ces deux là se sont inventés un exil fier et élégant, empreint de douceur et de mélancolie.

 

Rattrapés par la police à la suite d'une imprudence, Caroline et son père acceptent difficilement les tentatives pour les "domestiquer". Et c'est de nouveau la cavale, mais ce retour obligé vers l'humanité a brisé l'élan du père. Jusqu'à la révélation infiniment triste.

 

Une exploration de l'âme humaine en pleine nature. Magnifique !

 

 

Le roi n'a pas sommeil de Cécile Coulon

Thomas ou le destin d'un américain presqu'ordinaire.

 

William et Mary reviennent vivre sur les lieux de leur enfance. La nature, la scierie, l'amour qu'il éprouve pour sa femme et la naissance de Thomas n'estompent pas la violence de William.

 

Lorsque William meurt dans un accident du travail, Thomas fait tout pour échapper à la nature sombre de son père... Jusqu'à l'entêtement.

 

Comment Thomas, enfant sage, bascule-t-il du côté obscure de la force ?

Est-ce la trahison de Paul, son meilleur ami ? Ou bien le pocker, l'alcool ? Ou encore son immense solitude ? Le lecteur le saura à la toute fin du livre.

 

Au fil des pages de "Le roi n'a pas sommeil" défile un bon film noir américain bien poisseux comme on les aime grâce à l'ecriture précise et imagée de Cécile Coulon.

 

Un récit beau comme une tragédie !

 

 

Les filles de l'ouragan de Joyce Maynard

Deux existences et un lourd secret.

 

Dana et Ruth, conçues pendant une nuit d’ouragan, voient le jour le 4 juillet 1950 dans la maternité de Bellersville. Nous sommes au New Hampshire.

 

« Sœurs de naissance », Dana et Ruth mènent une existence très différente.

 

Ruth, joli brin de fille, grandit dans une ferme alors que Dana, au physique plutôt ingrat, est ballotée au gré des déménagements imposés par la vie de bohème de ses parents.

 

Le récit alterne la voix de Ruth et celle de Dana dont le lecteur suit les trajectoires de l’enfance à la vie adulte, entre les premiers émois amoureux, le mariage, la maternité …

 

Ruth et Dana ne deviendront jamais amies malgré le rituel d’une journée de retrouvaille organisée par leurs familles. Jusqu’au jour où elles éprouveront ensemble la douleur causée par la révélation d’un secret de famille.

 

Toute l'élégance de Joyce Maynard au service d'un récit bouleversant.

 

 

Les mille automnes de Jacob de Zoet de David Mitchell

Par la grâce de sa plume, David Mitchell nous transporte sur une trajectoire littéraire sidérale.

 

Après "Cartographie des nuages" publié par les éditions L'Olivier, livre irracontable par sa structure ambitieuse et son mélange des genres, mais à découvrir absolument, David Mitchell réinvente le roman historique.

 

1799. Dijima, dans la baie de Nagasaki, port d'attache de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales.

 

Jacob de Zoet, jeune clerc ambitieux dont la mission est de redresser les finances troubles de la Compagnie, est pris en étau entre les obligations de sa charge et l'amour qu'il éprouve pour Orito, sage-femme au visage partiellement brûlé.

 

L'enlèvement et l'emprisonnement de Orito par l'abbé Enomoto, qui tient en esclavage d'autres femmes dans son temple Shiranui, entraînent Jacob de Zoet dans une spirale perverse. Il vient en aide à Uzaemon, son interprète, également épris de Orito.

 

Sous un apparent classicisme, David Mitchell met son inventivité au service d'une magnifique histoire d'amour tout en proposant une réflexion sur le choc des cultures entre l'Orient et l'Occident.

 

Qui se frotte à l'Orient est pris au coeur d'une tourmente où les humains ne sont que des pièces d'un jeu de Go.

 

 

Dans la grande nuit des temps de Antonio Munoz Molina

Pages d'amour et de guerre magistralement traduites par Philippe Bataillon.

"Dans la grande nuit des temps" est un livre absolu dans lequel Antonio Munoz Molina reprend tous les thèmes qui traversent son œuvre : conscience morale, politique, devoir de mémoire et complexité des sentiments.

 

Fresque aux tonalités crépusculaires, requiem pour raconter le destin tragique de Ignacio Abel, architecte espagnol reconnu et républicain, qui quitte Madrid et ses idéaux fin 1936, quelques heures avant la prise de la ville par les franquistes, pour rejoindre Judith Biely, sa maîtresse américaine.

 

Acte de vie ou lâcheté ? Les lettres de récrimination de son épouse, Adela, et le sort incertain de ses enfants, Miguel et Lita le poursuivent.

 

En observateur sans complaisance, Munoz Molina, suit son personnage pas à pas. Il est à ses côtés dans le train qui le conduit vers Judith. Il déroule avec lui les flash-back d'une existence d'un fils de maçon devenu architecte, marié à une femme bourgeoise et catholique, déchiré par sa passion amoureuse et la violence de la guerre civile.

 

Antonio Munoz Molina trempe son talent au plus profond de la matière humaine. Admirable de vérité !

 

 

Sur les jantes de Thomas McGuane

A lire jusqu'à la toute dernière phrase pour comprendre le pourquoi du comment.

 

L'existence du docteur Pickett commence de façon improbable lorsque sa mère décide de le prénommer Irving Berlin, en hommage au compositeur de God Bless America.

 

Le ton est donné. Très tôt, Irving Berling surnommé "Berl" aime la chasse, la pêche et les relations sexuelles jusqu'à l'obsession. Sa personnalité toute basique et sa propension à s'entêter le poussent à agir en dépit du bon sens.

 

Devenu médecin de campagne dans sont Montana natal, "Berl" a l'art de se mettre tout le monde à dos et de s'amouracher de femmes qui le mènent tout droit à la catastrophe.

 

Soupçonné d'euthanasie après la mort par suicide de Tessa, l'un de ses premiers amours, Berl accepte sa mise à pied sans broncher bien qu'il soit innocent. Mais c'est qu'il a bien aidé quelqu'un à mourir : Cody, le mari violent de Tessa et meurtrier de Clarisse, une patiente de Berl.

 

La réputation du docteur Pickett sent un peu plus le souffre lorsque l'appareil de Jocelyne, pilote d'avion et accessoirement maîtresse manipulatrice de Berl, s'écrase.

 

Thomas McGuane enferre Berl dans un engrenage diabolique au fil de relations humaines décevantes, de brèves et tristes amours, d'interminables procédures judicaires. Berl réagit à l'instinct, comme un animal. Il observe sans jamais comprendre ce, ceux, qui l'entourent.

 

Et Thomas McGuane de s'amuser à retarder l'explication finale en nous promenant d'allusions en flash-back, en changements de rythme tout en décalage et humour. La fin de "Sur les jantes" justifie bien d'accepter de se laisser balader par cet auteur réjouissant.

 

 

Un homme de tempérament de David Lodge

Après avoir brossé le portrait tendrement moqueur de Henry James dans "L'auteur, l'auteur !", David Lodge explore un auteur prophétique : HG Wells.

 

Homme de tempérament par excellence, HG Wells , romancier à succès, essayiste et journaliste fut un témoin précieux de son époque, n'hésitant pas à dénoncer les dérives du stalinisme et de l'impérialisme américain.

 

"Un Homme de tempérament" commence par la fin, au printemps 1944, deux ans avant la mort de Wells. Lodge remonte ensuite le fil des années pour cueillir Wells à l’adolescence avant qu'il signe sa première nouvelle à 21 ans.

 

Sous la plume élégante et légère de David Lodge, nous suivons cet inconditionnel de la vie et avec lui la naissance du socialisme, les deux guerres mondiales, le basculement d'un monde qui est devenu le notre.

 

HG Wells était aussi l'un des premiers féministes, farouche défenseur de l'amour libre et amoureux inassouvi. Conquêtes et aventures que Lodge inventorie avec délice.

 

Le portrait d'un écrivain fascinant par un autre écrivant tout aussi fascinant publié par les éditions Rivages.

 

 

Le dernier contingent de Alain Julien Rudefoucauld

Alain Julien Rudefoucauld , né en 1950 en Algérie, déploie une vaste palette artistique : romancier, scénariste, poète, homme de théâtre et compositeur de musique. Il était grand temps que La Traverse fasse connaissance avec cet auteur.

 

C'est chose faite avec son dernier roman "Le dernier contingent" publié aux éditions Tristram. Ou le combat de 6 jeunes à peine sortis de l'enfance.

 

Marco, Sylvie, Xavier, Malid, Manon et Thierry sont des écorchés vifs. Abandonnés par leurs familles et malmenés par des institutions plus soucieuses de préserver la société de ces sauvageons que de les aider à panser leurs plaies, ces six ados forment "Le dernier contingent" pour se raconter pendant douze semaines.

 

Six récits d'une brutalité et d'une beauté sidérantes qui défient toutes les normes littéraires pour dire la violence au quotidien, le centre de transit, les fugues... Des enfances volées, violées dont la seule arme est la langue de ceux qui ne connaissent ni l'amour ni la consolation.

 

Et d'écouter sans moufter les mots de Sylvie face à deux violeurs : "Au-dehors, devant mes yeux, je perçois, dans une brume, mes bras en l'air avec le manche de la pelle, entre les deux, et le manche qui part sans que je le commande. Je ressens dans les doigts le coup sur la tête du rouquin. Je me réveille. Comme un barrage qui s'ouvre. Il porte ses mains à son crâne, et sans un mot il tombe. Alors je remets ça."

 

Ca se passe aujourd'hui, en France, dans la région de Bordeaux.

 

 

 

Nos si brèves années de gloire Charif Majdalani

Charif Majdalani , né en 1960 à Beyrouth, fait revivre les espoirs du Liban d’avant la guerre de 1975.

 

"Nos si brèves années de gloire" sont celles des années 60 où le bonheur avait encore une signification.

 

Le narrateur s'appelle Ghaled Cassab . Il a deux idées en tête : reconquérir le faste passé de sa famille et épouser la femme qu'il aime.

 

Nous suivons ses années d'apprentissage au souk, ses lectures, son dégoût pour le commerce, ses rencontres avec, en toile de fond, des Palestiniens réfugiés depuis 1948 dans des camps de fortune.

 

Jusqu'à ce que l'imagination baroque de Charif Majdalani entraîne son aventurier de narrateur dans une expédition qui le conduira à Alep en Syrie pour démonter une usine, en charger les pièces sur une quinzaine de camions, et la remonter à Beyrouth dans la filature familiale laissée à l'abandon.

 

La guerre fait voler en éclat la nouvelle existence de Ghaled Cassab. Qu'à cela ne tienne, il déménage les machines dans la montagne sans se préoccuper de la fureur des combats. Et d'imaginer un avenir possible.

 

Nous goûtons la langue tout en saveurs orientales d'un conteur envoutant.